Au détour d’une interview donnée ce lundi 26 janvier sur les ondes de la RTBF (La première), Valérie Glatigny a exprimé sans détour sa volonté de remettre en cause, voire de supprimer, le statut dans l’enseignement. Le discours est désormais bien rodé : modernisation, flexibilité, efficacité. Une novlangue rassurante, qui donne l’illusion du bon sens, mais qui masque mal une volonté d’aligner un service public fondamental sur des logiques de marché qui ne sont pas les siennes.
Ce type de discours n’est pas neuf. Il s’inscrit dans une tendance plus large visant à considérer l’enseignement comme un coût à réduire plutôt que comme un investissement collectif. Or, lorsqu’on parle d’école, on ne parle pas d’un service optionnel ni d’un secteur économique parmi d’autres : on parle d’un pilier structurant de la société.
Avec la santé et la sécurité sociale, l’enseignement constitue l’un des piliers centraux de l’État de droit et de l’État social. Il structure la société, réduit les inégalités et prépare l’avenir collectif. Ce rôle structurant n’est pas une lubie syndicale : il correspond précisément à l’une des fonctions régaliennes que les courants libéraux eux-mêmes reconnaissent comme relevant pleinement de l’État.
À cet égard, il est pour le moins paradoxal de voir aujourd’hui remis en cause le statut dans l’enseignement, alors même que le libéralisme politique, tel que revendiqué notamment par le Mouvement Réformateur de Mme Glatigny (https://www.mr.be/wp-content/uploads/2018/04/DoctrineOK.pdf), affirme qu’un État limité à ses fonctions essentielles doit précisément garantir la sécurité, la justice… et l’enseignement. Affaiblir ce pilier, c’est donc non seulement fragiliser le service public, mais aussi contredire un principe libéral pourtant explicitement revendiqué.